L’asthme en MTC : comprendre les signes, les déséquilibres et les pistes d’accompagnement
L’asthme, en médecine traditionnelle chinoise (MTC), n’est pas vu seulement comme un trouble respiratoire, mais comme le signe d’un déséquilibre plus large du Qi du Poumon, souvent associé aux glaires et à un terrain de vide. Cette lecture permet de mieux comprendre pourquoi les crises peuvent varier selon le froid, la chaleur, la fatigue ou l’état général de la personne.
Comment la MTC comprend l’asthme
En MTC, l’asthme est souvent rapproché du terme Xiao Chuan (哮喘), un tableau où le souffle circule mal, avec oppression thoracique, respiration sifflante et sensation d’oppression. Le Poumon joue un rôle central dans la diffusion du Qi, mais la Rate et les Reins peuvent aussi être impliqués, surtout quand le terrain est affaibli.
Les grands tableaux en MTC
Plusieurs profils types d'asthme existent d'après la vision de la MTC :
• Glaires-froid : respiration sifflante, mucosités blanches, aggravation par le froid ;
• Glaires-chaleur : mucosités jaunes, soif, sensation de chaleur ;
• Vide de Qi du Poumon : essoufflement à l’effort, fatigue, voix faible ;
• Vide de Reins : crises nocturnes, lombes faibles, difficulté à “retenir” le souffle ;
On retrouve aussi, pour la toux, trois grands profils très parlants : vent-froid, mucosités et sécheresse. Cette approche est intéressante pour aider le patient à se reconnaître dans un tableau plutôt que de considérer la toux ou l’asthme comme un symptôme unique.
Les facteurs qui aggravent
En MTC, plusieurs facteurs sont classiquement associés à l’aggravation des troubles respiratoires : le froid, les glaires, la sécheresse, la fatigue ou encore l’affaiblissement du terrain.
Lorsque les glaires sont présentes, certains aliments sont généralement à limiter, notamment les produits laitiers, les aliments gras, très sucrés ou consommés froids. L’idée n’est pas d’interdire systématiquement, mais d’observer si ces aliments favorisent une sensation d’encombrement, de lourdeur ou de mucosités.
À l’inverse, des gestes simples peuvent soutenir le terrain : boire chaud, protéger la gorge et la nuque du froid, éviter les excès d’aliments froids ou crus en période sensible, se reposer suffisamment et adapter son alimentation à son état du moment.
Dans certains contextes de froid ou de début de gêne respiratoire, des préparations simples comme une infusion à base de gingembre et d’oignon vert peuvent être utilisées traditionnellement pour réchauffer, faire circuler et soutenir le Poumon. Ces conseils doivent toutefois rester adaptés au terrain de chacun, car ce qui convient à un tableau de froid ne conviendra pas forcément à un tableau de chaleur.
L’accompagnement en médecine traditionnelle chinoise
En consultation, l’accompagnement ne consiste pas seulement à dire : « il y a de l’asthme ». Il s’agit surtout d’identifier le terrain dominant : Froid, Chaleur, Vide, Glaires, sécheresse ou combinaison de plusieurs déséquilibres.
Cette analyse permet ensuite d’orienter les outils de la MTC : acupuncture, pharmacopée chinoise, Tuina, conseils alimentaires et hygiène de vie. L’objectif est d’agir à la fois sur les symptômes et sur le terrain qui favorise leur apparition ou leur répétition.
Certains points sont particulièrement connus dans l’accompagnement énergétique de la respiration. C’est le cas de Tanzhong, RM17, situé au centre de la poitrine. Il est traditionnellement associé à la respiration, à l’ouverture du thorax, à la circulation du Qi dans la poitrine, mais aussi au lien entre souffle et émotions.
Cette vision globale est importante : en MTC, le souffle n’est jamais séparé du reste du corps. La fatigue, la digestion, les émotions, le froid, l’alimentation ou le rythme de vie peuvent tous influencer la qualité de la respiration.
Quelques repères alimentaires en MTC
L’alimentation occupe une place centrale dans l’accompagnement des troubles respiratoires, notamment lorsque la toux ou l’asthme sont associés aux glaires ou au froid.
L’oignon, par exemple, est un aliment intéressant en diététique chinoise. De nature tiède, de saveur piquante et douce, il est traditionnellement associé au Poumon et à la Rate. Il peut aider à réchauffer, à mobiliser le Qi, à dégager la poitrine et à soutenir la digestion.
Dans une logique de glaires-froid, on recherchera généralement des aliments simples, digestes, plutôt tièdes ou chauds, en évitant les excès de froid, de cru, de sucre ou de produits qui favorisent l’encombrement.
Dans une logique de chaleur ou de sécheresse, l’approche sera différente : il faudra éviter de trop réchauffer et chercher davantage à humidifier, apaiser ou clarifier selon les signes présents.
C’est pourquoi les conseils alimentaires en MTC doivent toujours être personnalisés. Il ne s’agit pas seulement de savoir quel aliment est « bon pour l’asthme », mais de comprendre quel type d’asthme, quel terrain et quel moment de la personne on accompagne.
Une approche complémentaire et personnalisée
La médecine traditionnelle chinoise propose une lecture fine des troubles respiratoires. Elle cherche à comprendre ce qui se cache derrière le symptôme : excès de glaires, froid, chaleur, fatigue du Poumon, faiblesse des Reins ou déséquilibre digestif.
Dans le cadre de l’asthme, cette approche peut aider à mieux identifier les facteurs déclenchants, à soutenir le terrain et à accompagner la personne de manière globale.
L’asthme reste toutefois une affection qui nécessite un diagnostic et un suivi médical adaptés. La MTC intervient en complément, avec une attention particulière portée au terrain, au mode de vie, à l’alimentation et à la circulation du souffle.
Comprendre l’asthme en MTC, c’est donc apprendre à écouter le souffle autrement : non pas comme un simple symptôme isolé, mais comme le reflet d’un équilibre plus vaste entre le Poumon, la Rate, les Reins, les glaires, le Qi et l’état général de la personne.

